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Défaillances T3 2026 : la hausse ralentit, le risque se concentre

14 652 procédures collectives au troisième trimestre, soit +0,5 % seulement sur un an. Mais 10 960 d'entre elles visent des entreprises de moins de trois salariés.

Défaillances d'entreprises au troisième trimestre 2026 : 14 652 procédures ouvertes, selon Altares.

Altares a publié le 13 octobre son bilan du troisième trimestre 2026 : 14 652 procédures collectives ouvertes, contre 14 583 un an plus tôt. Une hausse de 0,5 %, après deux années de progression à deux chiffres. Le communiqué parle de ralentissement, et c’est exact. Sur douze mois glissants, le compteur reste pourtant à près de 72 000 défaillances, un niveau jamais atteint.

Pour une direction commerciale, ce chiffre global ne sert à rien. Ce qui sert, c’est de savoir où les 14 652 se trouvent.

Le chiffre qui compte n’est pas le total

Repartition des 14 652 procedures collectives ouvertes au troisieme trimestre 2026Liquidations judiciaires directes 9 744 en recul de 1,2 pour cent ; redressements judiciaires 4 576 en hausse de 4,2 pour cent ; sauvegardes 332.14 652 procedures ouvertes au T3 2026Source Altares, 13 octobre 2026Liquidations directes9 744-1,2 %Redressements4 576+4,2 %Sauvegardes332Un tiers de redressements pour deux tiers de liquidations.La part des entreprises encore recuperables progresse : 4 576 clients a ne pas radier trop vite.
Repartition des procedures collectives ouvertes au troisieme trimestre 2026. Donnees Altares.

Le déplacement interne est plus parlant que la variation d’ensemble. Les liquidations judiciaires directes reculent de 1,2 %, à 9 744. Les redressements progressent de 4,2 %, à 4 576. Les sauvegardes complètent à 332.

Autrement dit : à volume presque constant, la part des entreprises qui entrent en procédure sans être condamnées augmente. Un redressement judiciaire n’est pas une radiation de votre base. C’est un client en sursis, souvent repreneur de sa propre activité six mois plus tard, et dont les créances postérieures au jugement d’ouverture bénéficient d’un privilège de paiement.

Le risque est d’abord une question de taille

Segment Procédures T3 2026 Part
Moins de 3 salariés 10 960 près de 75 %
Entreprises de moins de 3 ans 2 148 15 %
Entreprises de 3 à 5 ans 4 046 28 %
Emplois concernés sur le trimestre 50 510 —

Les deux tranches d’âge réunies pèsent 42 % des jugements. La lecture commerciale est directe : la défaillance frappe le très petit et le jeune. Si votre portefeuille est pondéré vers les structures de moins de cinq ans et de moins de trois salariés, votre exposition est très supérieure à ce que suggère la moyenne nationale.

Secteurs : deux trajectoires opposées

Secteur Procédures Variation annuelle
Construction 3 452 -3,1 %
Industrie manufacturière 558 -11,8 %
Restauration 1 694 proche de +10 %
dont restauration traditionnelle 880 —
dont restauration rapide 764 —

Le gros œuvre signe la plus forte amélioration du trimestre. L’hébergement, les commerces alimentaires et les services à la personne restent sous tension. Côté régions, les Pays de la Loire se dégradent le plus nettement (797 procédures), l’Île-de-France progresse de 3,9 %.

Ce que ça change dans la qualification de vos prospects

  1. Segmentez votre scoring par taille et par âge, pas par secteur. Le secteur explique moins que l’effectif. Une entreprise de deux salariés dans l’industrie reste plus exposée qu’une PME de trente personnes dans la restauration.
  2. Traitez le redressement comme un signal de relation, pas de sortie. 4 576 entreprises en redressement, c’est aussi 4 576 dossiers où un fournisseur qui maintient la livraison avec un paiement sécurisé prend une place durable.
  3. Branchez la donnée sur le CRM, pas sur un fichier annexe. Les jugements sont publics et quotidiens. Un champ « procédure en cours » non alimenté automatiquement n’est jamais à jour au moment où le commercial en a besoin.
  4. Révisez vos conditions pour les comptes de moins de trois ans. Acompte, plafond d’encours, assurance-crédit : la question se pose à la signature, pas au premier impayé.

Le ralentissement de la hausse n’est pas une amélioration. C’est une stabilisation à un plateau historiquement haut, avec un risque qui s’est déplacé vers les structures les plus petites et les plus jeunes.

À relier à ce que vous surveillez déjà

Ces chiffres prolongent directement ce que montrait le précédent baromètre Altares sur les retards de paiement comme indicateur de qualification : le comportement de règlement précède la procédure de plusieurs mois. Ils rejoignent aussi le recul de la marge nette chez 71 % des TPE, mesuré sur le même trimestre, et la bascule du premier frein des dirigeants vers le carnet de commandes plutôt que le crédit.

Côté pilotage interne, les mêmes signaux faibles s’appliquent à votre propre activité : c’est l’objet des indicateurs avancés de risque commercial.

L’étude complète est disponible sur le bilan Altares des défaillances d’entreprises au 3e trimestre 2026.